- Choisissez d’abord l’enveloppe : un PEA n’existe que chez les établissements agréés qui le proposent ; un CTO s’ouvre partout.
- Vérifiez ensuite la protection des avoirs : en France, le FGDR couvre jusqu’à 70 000 € de titres ; un courtier établi dans un autre État relève en principe du système de ce pays.
- Les frais comptent, mais le calcul se fait sur votre profil de versements : une grille se lit avec vos montants, pas en abstrait. Les tarifs précis sont dans nos fiches, pas dans ce guide.
- Évitez les courtiers dont l’activité principale est le CFD : ils ne sont pas faits pour détenir des ETF sur la durée.
- Règles et chiffres vérifiés en octobre 2026.
À quoi sert un courtier quand on investit en ETF ?
Un ETF est un produit côté en bourse. Pour l’acheter, il faut un intermédiaire autorisé à passer vos ordres sur un marché, à conserver vos titres et à vous fournir les documents fiscaux. On l’appelle courtier, banque en ligne ou établissement teneur de compte. Selon l’enveloppe, ce rôle est tenu par une banque, une entreprise d’investissement ou une assurance. Le choix a des conséquences sur l’accès aux enveloppes fiscales, sur les frais récurrents, sur la protection de vos actifs et sur la simplicité de votre déclaration d’impôts.
Il n’influence pas la performance de l’ETF lui-même. Le même ETF acheté chez deux établissements différents a la même performance brute ; seuls changent les frais que vous payez, le prix d’exécution et les services. Pour la mécanique d’un achat, voir comment acheter des ETF.
ETF réels : 0 % de commission chez XTB
Aucune commission sur les ETF réels jusqu’à 100 000 € de transactions par mois, puis 0,2 % (minimum 10 €). Plus de 2 300 ETF au catalogue, un PEA (185 ETF éligibles) et un compte-titres, droits de garde nuls sous 250 000 €. À savoir : pas de plan d’investissement programmé, et garantie des titres plafonnée à 22 000 € (système polonais).
Découvrir le compte XTB →Lien partenaire. Investir comporte un risque de perte en capital. XTB propose aussi des CFD, qui ne sont pas des ETF. Conditions applicables sur XTB.
Quels critères comparer avant d’ouvrir un compte ?
Voici le tableau de décision. La colonne de droite donne la question à poser (au support, dans la brochure tarifaire ou dans la convention de compte), parce qu’un critère mal compris vaut mieux évité que supposé.
| Critère | Pourquoi il compte | Question à poser |
|---|---|---|
| Enveloppes proposées | Le PEA est l’enveloppe fiscale de référence pour les ETF éligibles ; un CTO donne accès à tout le catalogue ; l’assurance vie sert à d’autres objectifs | Puis-je ouvrir un PEA, un CTO et une assurance vie ici ? Est-ce un PEA ou un PEA-PME ? |
| Frais de courtage sur ETF | Fixes, proportionnels ou nuls selon l’établissement et l’ordre ; ils pèsent surtout sur les petits montants | Combien paie-je pour un achat de 100 €, de 500 €, de 5 000 € ? Y a-t-il un minimum par ordre ? |
| Frais annuels | Droits de garde, frais de tenue de compte, frais d’inactivité | Quels frais récurrents s’appliquent si je ne passe aucun ordre pendant un an ? |
| Plan d’investissement programmé | Automatise les versements (DCA) et peut réduire les frais | Le plan est-il disponible en PEA et en CTO ? Sur quelle liste d’ETF ? Quel montant minimum ? |
| Catalogue d’ETF | Certaines listes sont larges, d’autres limitées à quelques dizaines de produits | Les ETF que je vise sont-ils disponibles, en version capitalisante ou distribuante ? |
| Places de cotation | Euronext Paris est sans frais de change pour un ETF en euros ; d’autres places peuvent exposer à une devise | Sur quelle place mon ordre est-il exécuté ? Puis-je choisir ? |
| Garantie des titres et des espèces | Dépend du pays d’établissement du courtier | Quel système de garantie couvre mon compte, et jusqu’à quel plafond ? |
| Fiscalité facilitée (IFU) | Un établissement payeur français envoie un imprimé fiscal unique qui facilite le remplissage de la déclaration | Recevrai-je un IFU ? Dois-je déclarer le compte à l’étranger (formulaire 3916) ? |
| Service client | Indispensable en cas de virement bloqué, de transfert de PEA ou d’erreur | Par quels canaux, dans quelle langue, à quels horaires ? |
| Application et interface | Une interface lourde pousse à l’erreur d’ordre | Puis-je tester une démonstration, et lire clairement les frais avant de valider ? |
Les comparaisons détaillées, avec les grilles à jour, sont dans le comparatif des courtiers et banques pour ETF. Ce guide évite d’y écrire des tarifs : ils évoluent et un chiffre périmé induit en erreur.
PEA, CTO ou assurance vie : l’enveloppe détermine le courtier
Tous les courtiers ne proposent pas un PEA. Le PEA est un produit réglementé : plafond de versements de 150 000 € (225 000 € avec un PEA-PME-ETI), gains exonérés d’impôt sur le revenu après cinq ans (prélèvements sociaux dus), et sélection limitée aux titres de l’UE ou de l’EEE ainsi qu’aux ETF investis à au moins 75 % en actions de ces sociétés (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée en mai 2026). Un seul PEA par personne : le choix de l’établissement est donc un choix de long terme, même s’il est possible de transférer.
Le CTO n’a ni plafond ni blocage, mais il est taxé au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). L’assurance vie s’ouvre auprès d’un assureur ou d’une plateforme de courtage d’assurance, avec ses propres frais de gestion et un choix d’ETF restreint. La comparaison est détaillée dans PEA, CTO ou assurance vie, les ETF éligibles au PEA et les ETF en assurance vie.
Si vous visez un PEA, votre liste de candidats se réduit d’emblée aux établissements qui en proposent un. Les pages Trade Republic, BoursoBank, Fortuneo et Bourse Direct permettent de vérifier, fiche par fiche, si l’établissement propose un PEA, avec quelles conditions et quelle sélection d’ETF.
Comment lire les frais de courtage sur ETF ?
Trois modèles coexistent. Le courtage fixe facture le même montant quel que soit l’ordre ; il favorise les gros montants. Le courtage proportionnel facture un pourcentage de l’ordre, avec souvent un minimum ; il pénalise les gros ordres. Le courtage nul ne facture aucune commission mais se rémunère autrement, par le spread, un abonnement ou une différence de prix d’exécution. Le guide ETF sans frais de courtage détaille ce dernier cas.
Ne regardez pas la ligne du tarif isolément. Faites un calcul sur votre profil : votre montant moyen par ordre, le nombre d’ordres par an, les frais annuels éventuels. Exemple entièrement fictif, avec deux grilles imaginaires : une grille proportionnelle de 0,5 % avec un minimum de 2 € par ordre, et une grille fixe de 1 € par ordre. Pour 200 € investis par mois, le minimum s’applique : 2 € par ordre, soit 24 € par an, contre 12 € avec la grille fixe. Pour un ordre unique de 5 000 €, la grille proportionnelle coûte 25 € et la grille fixe 1 €. L’ordre de grandeur s’inverse selon le montant, d’où l’intérêt de vérifier avec ses propres chiffres. L’outil calculateur de frais chiffre l’impact cumulé sur la durée.
À ces frais s’ajoutent ceux de l’ETF lui-même (frais courants, ou TER) et l’écart acheteur-vendeur, voir les frais d’un ETF et le spread. Un courtier peu cher mais avec des ordres exécutés loin du meilleur prix coûte au final plus qu’un tarif apparemment plus élevé.
Faut-il un plan d’investissement programmé ?
Si vous investissez chaque mois, oui : le plan automatise l’achat, supprime l’oubli et évite de lever la main au pire moment. Cherchez trois informations dans la documentation du courtier : l’enveloppe concernée (PEA, CTO, ou les deux), la liste d’ETF éligibles au plan, et les frais appliqués au plan. Certains établissements, dont Trade Republic et Bourse Direct, ont annoncé des plans d’investissement programmés sur ETF ; vérifiez sur leurs fiches (Trade Republic, Bourse Direct) les conditions en vigueur au moment de votre ouverture. D’autres courtiers n’en documentent pas, ce qui oblige à passer les ordres à la main.
Un plan sert l’investissement régulier décrit dans investir en ETF par DCA. Testez l’effet sur vos versements avec le simulateur.
Votre argent est-il protégé si le courtier fait faillite ?
Deux protections distinctes existent. La première est la séparation des avoirs : un prestataire agréé doit sauvegarder les titres de ses clients et ne pas les utiliser pour son propre compte sans accord exprès. La seconde est la garantie d’indemnisation, qui intervient quand le prestataire ne peut plus restituer les titres ou les espèces.
En France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) garantit les titres jusqu’à 70 000 € par client et par établissement. Les espèces liées au compte-titres sont couvertes à hauteur de 100 000 € dans le cadre de la garantie des dépôts si le teneur est une banque, et de 70 000 € supplémentaires si c’est une entreprise d’investissement (FGDR, page « je possède des titres »). La garantie ne joue que si les titres ont disparu et que l’établissement ne peut ni les restituer ni les rembourser : elle ne couvre ni les baisses de marché ni les litiges commerciaux.
Un courtier établi dans un autre État membre relève en principe du système de garantie de son pays d’origine. L’Irlande indemnise 90 % de la perte avec un maximum de 20 000 € par investisseur (Investor Compensation Company). Les plafonds varient selon les pays : demandez l’information au courtier et vérifiez-la sur le site de l’organisme concerné. Un plafond plus bas ne signifie pas un risque élevé, mais il change l’ampleur du montant protégé en cas de défaillance. Pour un patrimoine important, on peut répartir les titres entre plusieurs établissements.
Que change le courtier à votre déclaration d’impôts ?
L’imprimé fiscal unique (IFU) est le document que l’établissement payeur doit souscrire pour récapituler les revenus de capitaux mobiliers et les opérations sur valeurs mobilières (service-public.gouv.fr, Cerfa 11428). Un établissement français l’envoie, ce qui facilite le report des plus-values et dividendes dans la déclaration. Un courtier établi à l’étranger n’a pas toujours cette obligation vis-à-vis du fisc français : vous devrez alors reconstituer vos opérations et calculer vous-même plus-values et moins-values, dans le respect de la règle du prix moyen pondéré d’acquisition.
Autre conséquence : un compte ouvert à l’étranger doit être déclaré chaque année. Il s’agit du formulaire 3916, dans la déclaration de revenus. L’indicateur le plus simple est un IBAN qui ne commence pas par « FR ». L’amende pour omission est de 1 500 € par compte non déclaré, 10 000 € si le compte est dans un État sans accord d’assistance administrative (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée en juillet 2026). Ces points sont exposés pour chaque établissement dans nos fiches ; voir aussi comment déclarer ses ETF aux impôts.
Quel courtier selon votre profil ?
Il n’existe pas de meilleur courtier dans l’absolu, seulement un courtier adapté à un usage. Le tableau suit la logique de décision, pas un classement.
| Profil | Priorité | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| Débutant avec de petits versements mensuels | Simplicité, plan programmé, frais faibles sur petits ordres | Plan en PEA et CTO, absence de frais récurrents, application claire |
| Investisseur PEA qui veut un ETF éligible | Un PEA bien tenu, un catalogue d’ETF éligibles suffisant | Frais du PEA, transfert possible, liste d’ETF |
| Investisseur international, ETF non éligibles au PEA | CTO avec large catalogue et places multiples | Frais de change, garantie étrangère, 3916, IFU |
| Épargnant qui préfère la banque de son quotidien | Un seul interlocuteur | Frais souvent plus élevés, catalogue d’ETF plus restreint à vérifier |
| Patrimoine important | Garantie, service, éventuel conseil | Répartition entre établissements, plafond de garantie |
Les fiches DEGIRO, Interactive Brokers, Saxo Banque, Scalable Capital et Crédit Agricole détaillent les cas internationaux, bancaires ou à gros catalogue. Pour un premier achat, voir aussi le portefeuille d’ETF pour débutant.
Quels pièges éviter ?
Les CFD
Un CFD est un contrat dérivé à effet de levier, pas un ETF. L’AMF rappelle qu’une position peut faire perdre tout le dépôt, voire plus, en quelques secondes ; le levier est limité à 30 pour les principales devises, 5 pour les actions et 2 pour les cryptomonnaies pour les clients non professionnels, et le démarchage est interdit. Certains courtiers présentent côte à côte actions, ETF et CFD sur la même interface : sachez ce que vous achetez. Voir les ETF à effet de levier.
Les offres à durée limitée
Une promotion (courtage gratuit pendant un an, prime de bienvenue) a un début et une fin. Lisez ce qui s’applique après : un tarif standard plus élevé, un minimum d’actifs, des frais d’inactivité. Une offre qui vous attire vers un établissement dont le catalogue ou les garanties ne correspondent pas à votre besoin coûte plus qu’elle ne rapporte.
Les frais de change
Acheter un ETF coté en dollars ou en livres depuis un compte en euros peut entraîner une conversion facturée par le courtier. Préférez, quand c’est possible, la ligne cotée en euros du même ETF. Cela ne change pas la devise des actifs sous-jacents, voir la couverture de change.
Les ordres exécutés hors du meilleur prix
Certains courtiers exécutent les ordres en dehors des marchés réglementés, avec un prix affiché sans commission mais un écart dissimulé. Lisez la politique d’exécution de l’établissement.
Que lire dans la convention de compte avant de signer ?
La convention de compte-titres est un document contractuel que peu de monde lit. Quatre rubriques méritent dix minutes. La première concerne les frais : tenue de compte, droits de garde, frais d’inactivité, frais de transfert et de clôture. La deuxième porte sur l’utilisation de vos titres : la loi impose le consentement exprès du client pour réutiliser ses titres (article L. 533-10 du code monétaire et financier), et certaines conventions contiennent une clause de prêt de titres ou de garantie ; cochez-la en connaissance de cause. La troisième est la politique d’exécution : sur quelles places l’ordre est envoyé, et si le prix est comparé entre plusieurs lieux. La quatrième concerne les conditions de résiliation : préavis, délais de restitution des espèces, sort des titres non transférables.
Prenez aussi le temps de lire le document d’informations clés de l’ETF que vous prévoyez d’acheter : il est le même chez tous les courtiers, mais certains en rendent la consultation plus aisée avant l’ordre. Enfin, regardez comment sont affichés les frais au moment de valider un ordre : un écran qui indique le coût total avant exécution est un bon indice de transparence.
Peut-on changer de courtier plus tard ?
Oui, mais ce n’est ni gratuit ni toujours simple. Pour un PEA, l’AMF précise qu’un transfert vers un autre établissement n’est pas un retrait : le plan garde ses avantages fiscaux. Il est réalisé en moins d’un mois dans la grande majorité des cas, peut durer plusieurs mois si le plan contient des titres non cotés, étrangers ou en cours d’opération, et les frais de transfert sont plafonnés à 150 €. Une clôture suivie d’une réouverture, elle, serait un retrait. Pour un CTO, renseignez-vous sur les frais de transfert et sur la reprise des prix de revient, dont dépendra le calcul de vos plus-values. Avant d’ouvrir, vérifiez donc comment vous pourrez ressortir.
Quelle méthode simple pour décider ?
- Fixez l’enveloppe visée (PEA, CTO, assurance vie) et le montant de vos versements.
- Éliminez les établissements qui ne proposent pas l’enveloppe ou qui proposent surtout des CFD.
- Calculez le coût annuel sur votre profil dans les deux ou trois tarifs restants.
- Vérifiez la garantie, l’IFU et la nécessité de déclarer le compte à l’étranger.
- Contrôlez la présence au registre REGAFI et la politique d’exécution.
- Ouvrez avec un petit montant, testez un ordre, puis augmentez les versements.
Erreurs fréquentes en choisissant un courtier
- Choisir sur le prix du courtage seul. Les frais annuels, le spread et le change comptent autant.
- Oublier le PEA. Un courtier sans PEA oblige à investir sur un CTO, taxé à 31,4 % en 2026.
- Ignorer la garantie. Le plafond n’est pas le même partout ; il compte pour de gros montants.
- Ne pas déclarer un compte étranger. 1 500 € d’amende par compte non déclaré.
- Se laisser séduire par le trading. Un ETF se détient longtemps ; l’interface qui encourage les ordres fréquents n’aide pas.
- Multiplier les comptes sans raison. Chaque compte ajoute des frais, des documents et des obligations de déclaration.
- Ne pas lire la politique d’exécution. Un prix sans commission n’est pas un meilleur prix.
Pour la méthode de collecte des tarifs et des garanties, voir la méthodologie et le suivi des mises à jour.
Sources officielles
- FGDR : garantie des titres, ce qui est couvert
- Investor Compensation Company (Irlande) : limites d’indemnisation
- Service-public.gouv.fr : comptes ouverts à l’étranger et amendes
- Service-public.gouv.fr : déclaration récapitulative (IFU)
- Service-public.gouv.fr : plan d’épargne en actions (PEA)
- Service-public.gouv.fr : plus-values sur valeurs mobilières (PFU 31,4 %)
- AMF : réussir le transfert de votre PEA (juillet 2023)
- AMF : les CFD (levier, risques, démarchage)