Chiffres et règles vérifiés en octobre 2026. Le TER (ratio de frais annuels) est prélevé chaque jour sur l’actif du fonds : vous ne le voyez pas sur un relevé, mais il réduit la valeur de la part. Hors TER, vous supportez le courtage de votre intermédiaire, le spread à l’achat et à la vente, les frais de change éventuels, les droits de garde de certains comptes et l’impôt sur les gains. Dans l’exemple chiffré plus bas (10 000 € à 6 % brut pendant 20 ans, hypothèse fictive), un TER de 0,20 % laisse environ 30 900 €, 0,38 % environ 29 800 € et 1 % environ 26 500 €. Pour comparer deux ETF, additionnez le coût interne (tracking difference) et le coût d’exécution de vos ordres.
Quels sont tous les frais d’un ETF ?
On distingue les coûts internes, supportés par le fonds et donc déjà intégrés au prix de la part, et les coûts externes, facturés par votre intermédiaire ou nés de la transaction. Le tableau les classe et indique où les trouver.
| Coût | Qui le supporte | Où le lire | Dans le TER ? |
|---|---|---|---|
| Frais de gestion, garde du fonds, licence d’indice, distribution | Le fonds (prélevé sur l’actif) | Fiche ETF, document d’informations clés | Oui |
| Coûts de transaction du fonds (rééquilibrage, réinvestissement) | Le fonds | Rapport annuel, tracking difference | Non |
| Frais de swap (ETF synthétique) | Le fonds | Documentation de l’émetteur, tracking difference | Non |
| Revenus de prêt de titres | Réduisent le coût du fonds | Rapport annuel, tracking difference | Non |
| Frais de courtage (ordre) | Vous | Barème de l’intermédiaire | Non |
| Droits de garde, frais de tenue de compte | Vous | Barème de l’intermédiaire | Non |
| Spread acheteur-vendeur | Vous | Carnet d’ordres avant l’achat | Non |
| Frais de change | Vous | Barème de l’intermédiaire | Non |
| Impôt sur dividendes et plus-values | Vous | Règles de l’enveloppe | Non |
justETF le résume ainsi : le TER n’inclut pas tous les frais d’un ETF, et le coût total de possession, qui additionne internes et externes, n’a pas de définition réglementaire et n’est généralement pas publié par les émetteurs. Il faut donc le reconstituer, c’est l’objet de ce guide. Pour savoir où chercher chaque donnée sur une fiche, voir comment lire une fiche ETF.
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Que contient exactement le TER, et que ne contient-il pas ?
Le TER (total expense ratio), appelé aussi frais courants, est un pourcentage annuel de l’encours. Il couvre les frais de gestion, de garde, de licence de l’indice et de distribution, d’après justETF. Il est prélevé en continu sur l’actif du fonds : sur un TER de 0,20 %, un fonds retient environ 2 € par an pour 1 000 € détenus, au prorata des jours, sans qu’aucune ligne ne s’affiche sur votre compte. Pour les ETF d’actions, justETF situe les TER entre 0,04 % et 0,95 % par an environ.
Ce que le TER ne contient pas est plus instructif. Il exclut les coûts de transaction que le fonds supporte quand il achète ou vend des titres pour suivre l’indice : ces coûts restent faibles parce que la composition d’un ETF change peu, mais ils existent. Il exclut aussi les frais de swap d’un ETF synthétique, et il ne tient pas compte du revenu du prêt de titres, qui réduit au contraire le coût net du fonds. Enfin, il ne dit rien des impôts retenus à la source sur les dividendes. Le TER est donc un bon point de départ pour comparer deux fonds qui suivent le même indice avec la même méthode, et un mauvais critère final.
Un TER bas n’est pas un gage de qualité en soi, ni un TER élevé de mauvaise gestion : il reflète en partie la difficulté de l’indice (marchés émergents, petites capitalisations, thématiques) et la taille du fonds. Le guide sur les ETF physiques et synthétiques montre comment la méthode de réplication déplace des coûts hors TER.
Frais de courtage et droits de garde : que facture votre intermédiaire ?
Chaque achat ou vente est un ordre, facturé selon le barème de votre courtier ou de votre banque : forfait fixe, pourcentage du montant, ou combinaison avec un minimum par ordre. Pour un petit investisseur qui place 100 € ou 200 € par mois, le minimum par ordre pèse davantage que le TER : un ordre facturé 1 € sur 100 € représente 1 % de frais, soit autant que le TER annuel d’un ETF cher. À l’inverse, pour un seul achat de 20 000 €, le même forfait devient négligeable.
Les droits de garde (ou frais de tenue de compte) sont un second poste : certains intermédiaires en facturent, d’autres non, et la règle varie selon l’enveloppe et l’actif conservé. Ils ne sont pas déductibles de vos gains sous le régime du prélèvement forfaitaire. Les barèmes changent : ils se comparent sur la page des courtiers ETF et dans le guide pour choisir un courtier. Certains proposent des plans d’investissement avec ordres gratuits ou fortement réduits, ce que décrit le guide sur les plans d’investissement sans frais. Dans une assurance vie, les frais du contrat (frais sur versement, frais de gestion annuels sur unités de compte) s’ajoutent à ceux de l’ETF : ils sont à lire dans le contrat.
Le spread : le coût que l’on ne voit pas sur le relevé
Le spread est l’écart entre le meilleur prix d’achat proposé et le meilleur prix de vente. Quand vous achetez au prix vendeur et revendez au prix acheteur, la différence est un coût. Un ETF très liquide sur un grand indice affiche un spread de quelques centièmes de pourcent ; un ETF peu échangé ou coté hors des heures actives des marchés sous-jacents peut afficher un spread nettement plus large. Le spread se consulte avant de passer l’ordre et varie selon la place de cotation et l’heure de la séance.
Pour estimer ce coût, comptez environ la moitié du spread à l’achat et la moitié à la vente, soit un spread entier sur un aller-retour. Sur un horizon de vingt ans, ce coût unique s’efface presque ; pour un investisseur qui achète et vend souvent, ou qui détient un fonds peu liquide, il peut dépasser le TER. Le guide sur le spread et la liquidité explique comment le lire et quand placer ses ordres.
Frais de change : quand sont-ils dus ?
Un ETF coté en dollars acheté depuis un compte en euros impose une conversion, facturée par l’intermédiaire avec un taux de change majoré ou une commission. Choisir la ligne de cotation en euros du même ETF évite en général ce coût, la conversion étant alors intégrée au prix. Le piège inverse existe : une cotation en euros dont la liquidité est faible a un spread plus large. L’arbitrage se fait en comparant le coût de change à la différence de spread. La couverture de change interne à un ETF, autre sujet, a son propre coût : voir le guide sur la couverture de change.
La tracking difference : le coût réel du fonds
La tracking difference est l’écart de rendement entre l’ETF et son indice sur une période. Elle intègre le TER, les coûts de transaction, les effets de la fiscalité sur les dividendes, les frais de swap et les revenus de prêt de titres. C’est donc le meilleur résumé du coût interne réel. Un exemple publié par extraETF : pour un ETF sur le MSCI World avec un TER de 0,20 %, l’écart annuel moyen depuis la création était d’environ 0,05 point, soit moins que le TER, grâce notamment au prêt de titres. L’exemple date de la page consultée en octobre 2026 : c’est une illustration, pas une donnée du jour.
La tracking difference se lit sur plusieurs années, pas une seule, et avec la bonne convention de signe : certaines sources calculent ETF moins indice, d’autres indice moins ETF. Un signe négatif signifie, dans la première convention, que l’ETF a fait moins bien que l’indice. Le guide tracking difference et tracking error détaille les formules et les pièges.
L’impôt est-il un frais à compter ?
Pas au sens d’un frais de gestion, mais il réduit votre rendement net, et il varie selon l’enveloppe. Sur un compte-titres, plus-values et dividendes sont soumis par défaut au PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026). Dans un PEA de plus de cinq ans, le gain est exonéré d’impôt sur le revenu et ne supporte que les 18,6 % de prélèvements sociaux. Dans une assurance vie, la fiscalité dépend de l’ancienneté du contrat et du montant des primes. Le choix de l’enveloppe pèse souvent plus lourd que l’écart de TER entre deux ETF : c’est le sujet du guide PEA, CTO ou assurance vie.
La nature capitalisante ou distribuante change le calendrier de l’impôt, donc le coût net sur un CTO : voir le guide ETF capitalisant ou distribuant. La fiscalité des ETF dans le détail est dans le guide fiscalité des ETF.
Quel est l’impact de 0,20 %, 0,38 % et 1 % de frais sur 20 ans ?
Prenons un investisseur fictif qui place 10 000 € d’un seul coup, avec un rendement brut de 6 % par an (hypothèse d’école, ni prévision ni garantie), et qui supporte chaque année un coût total de 0,20 %, 0,38 % ou 1 % de la valeur. Ces trois niveaux illustrent un ETF très bon marché, un ETF courant et un fonds actif ou un produit à frais élevés. Résultats après 20 ans, avant impôt :
| Frais annuels | Valeur finale | Manque à gagner vs aucun frais | Part du capital final perdue |
|---|---|---|---|
| Aucun (référence) | environ 32 070 € | 0 € | 0 % |
| 0,20 % | environ 30 880 € | environ 1 190 € | 3,7 % |
| 0,38 % | environ 29 850 € | environ 2 220 € | 6,9 % |
| 1,00 % | environ 26 530 € | environ 5 540 € | 17,3 % |
L’écart entre 0,20 % et 1 % atteint environ 4 350 € sur 10 000 € investis, soit 14 % du résultat du fonds le moins cher. Autrement dit, 0,8 point de frais en plus, qui paraît anecdotique chaque année, fait disparaître une part importante du gain en vingt ans, car les frais sont prélevés sur un capital qui croît et privent celui-ci de ses propres rendements.
Avec des versements mensuels
Le même raisonnement avec 300 € investis chaque mois pendant 20 ans (soit 72 000 € versés) et 6 % brut donne, toujours avant impôt, environ 136 000 € sans frais, 133 000 € avec 0,20 %, 130 400 € avec 0,38 % et 121 700 € avec 1 %. Entre 0,20 % et 1 %, la différence dépasse 11 000 €. Dans cet exemple, 0,18 point d’écart entre 0,20 % et 0,38 % coûte environ 2 600 € en vingt ans : la différence est modeste en proportion, mais pas négligeable, et elle ne s’achète avec aucune performance supplémentaire quand les deux ETF suivent le même indice.
Refaites ce calcul avec vos propres hypothèses dans le calculateur de frais ou dans le simulateur d’investissement programmé. Les valeurs ci-dessus sont des illustrations ; les TER réels et leur évolution sont dans les fiches.
Un fonds plus cher peut compenser son coût par une meilleure performance ou un indice différent : on compare ici des fonds à exposition identique. Les rendements réels varient d’une année à l’autre ; seule la mécanique des frais est certaine.
Quand un TER plus élevé se justifie-t-il ?
Un TER supérieur n’est pas toujours un défaut. Il se justifie d’abord par la difficulté de l’indice : répliquer des marchés émergents, des obligations d’entreprises ou un indice thématique coûte plus cher que de suivre un grand indice d’actions développées, avec plus de frais de transaction et des titres moins liquides. Il se justifie ensuite par un service différent : une couverture de change, une réplication qui donne accès à l’indice depuis un PEA, ou une politique de prêt de titres qui compense en partie le coût. Dans ces cas, ce n’est pas le TER qui compte, mais ce que le fonds laisse effectivement à l’investisseur une fois tous les coûts passés.
À l’inverse, un TER bas peut cacher un coût ailleurs : des frais de swap hors TER, un spread large sur une ligne peu liquide ou un fonds de petite taille qui risque d’être fermé. La fermeture d’un ETF n’est pas une perte en capital, car l’investisseur est remboursé à la valeur liquidative, mais elle impose de réinvestir et peut déclencher une imposition sur CTO. C’est une raison de regarder l’encours et l’ancienneté du fonds, deux informations de la fiche.
Des frais différents selon l’enveloppe
Un même ETF ne coûte pas la même chose dans toutes les enveloppes. Le TER est identique, mais le courtage, les droits de garde et les frais de contrat varient. Un PEA ou un compte-titres chez un courtier en ligne se facture surtout à l’ordre et parfois à la tenue de compte ; une assurance vie ajoute des frais de gestion annuels sur les unités de compte et, selon les contrats, des frais sur versement ; un PER fonctionne de façon comparable. Le coût total d’une ligne d’ETF en assurance vie est donc la somme du TER et des frais du contrat. Cette somme, plus que le TER seul, décide de l’intérêt de loger tel ETF dans telle enveloppe, et la lecture de la notice vaut mieux que celle d’une brochure commerciale.
Comment comparer deux ETF sur le coût total ?
La méthode tient en quatre étapes, applicables à deux ETF sur le même indice.
- Vérifier que l’exposition est identique. Même indice, même devise de référence, même couverture de change, même politique de distribution. Sinon, comparer les coûts n’a pas de sens.
- Estimer le coût interne annuel. Prenez la tracking difference annualisée sur trois à cinq ans, en vérifiant la convention de signe. À défaut, utilisez le TER.
- Estimer le coût d’exécution. Sur votre ordre type : courtage (achat plus vente), plus un spread entier. Divisez par la durée de détention prévue en années pour obtenir un coût annuel.
- Additionner et ajuster. Ajoutez les droits de garde annuels si votre intermédiaire en facture, et les frais de change si vous passez par une ligne en devise.
Un exemple fictif pour 5 000 € conservés dix ans. ETF A : TER 0,12 %, tracking difference de 0,14 point par an en retrait de l’indice, spread de 0,20 %. ETF B : TER 0,20 %, tracking difference de 0,05 point en retrait (grâce au prêt de titres), spread de 0,03 %. Avec un courtage de 1 € par ordre (2 € aller-retour), l’ETF A coûte 0,14 % par an en interne, auxquels s’ajoutent un spread de 0,20 % et 2 € d’ordres, soit 12 € sur 5 000 € (0,24 % du capital, environ 0,02 % par an sur dix ans) : au total, environ 0,16 % par an. L’ETF B coûte 0,05 % en interne, plus un spread de 0,03 % et 2 € d’ordres, soit 3,50 € (0,07 % du capital, environ 0,01 % par an) : au total, environ 0,06 % par an.Le fonds au TER le plus élevé revient moins cher. Ces valeurs sont inventées pour la démonstration ; l’intérêt est de montrer que le TER seul aurait mal classé les deux fonds.
Le comparateur de 2 à 4 ETF et le tableau filtrable de tous les ETF fournissent les frais, les encours et les écarts de suivi calculés. Pour les duels les plus demandés, voir les comparatifs d’ETF.
Entre deux ETF à exposition identique, n’arbitrez pas sur quelques centièmes de TER si cela vous oblige à renoncer à une meilleure liquidité, à un meilleur courtier ou à une enveloppe plus avantageuse : ce sont ces trois choix qui pèsent le plus.
Erreurs fréquentes
- Comparer des TER sans comparer les indices. Un indice émergent ou thématique est plus cher à répliquer qu’un indice mondial, sans que le fonds soit moins bon.
- Ignorer le courtage sur de petits montants. Un forfait d’ordre de 1 € sur 100 € équivaut à 1 % : plus que le TER annuel d’un ETF courant.
- Croire que le TER est la totalité du coût. Il exclut courtage, spread, change, frais de swap, droits de garde et impôt.
- Choisir la cotation en devise étrangère par réflexe. Elle ajoute un coût de change ; la ligne en euros peut être plus économique selon le spread.
- Acheter et vendre trop souvent. Chaque aller-retour paie un spread entier et des frais d’ordre, et peut déclencher l’impôt sur la plus-value.
- Se fier à une tracking difference sur une seule année. Elle varie fortement d’une année à l’autre ; regardez trois à cinq ans.
- Oublier les frais du contrat d’assurance vie. Ils s’ajoutent au TER de l’ETF et peuvent dépasser le coût du fonds lui-même.
- Opposer fiscalité et frais. Une enveloppe plus fiscalisée peut annuler le bénéfice d’un TER inférieur de 0,10 point.
Sources officielles
- justETF : combien coûtent les ETF (TER, spread, courtage, swap, TCO)
- extraETF : la tracking difference (définition, causes, exemples)
- justETF : tracking difference vs tracking error
- impots.gouv.fr : Les revenus mobiliers (PFU, option barème, frais déductibles)
- impots.gouv.fr : PEA, les retraits sont-ils imposables ?
- justETF : fiscalité des revenus des ETF en France